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Publié : 28 novembre 2016
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Une formation-recherche au collège Camille Saint Saëns

...le temps d’une « lesson study » avec madame Masselin (professeur de mathématiques à la cité scolaire Camille Saint Saëns)

Notre cité scolaire Camille St Saëns a accueilli les 14 octobre et 14 novembre dernier une formation–recherche pour des enseignants du second degré en Mathématiques. Nous avons eu l’honneur de coopérer, entre autres, avec Michèle Artigue1, Médaille Felix Klein 2013.

Dans un premier temps, le 14 octobre, il s’agissait, pour le collectif d’enseignants, partagé en deux groupes, d’analyser avec des outils de la didactique des Mathématiques, une ressource pour en dégager collectivement un plan de « lesson ». Les deux ressources à l’étude sont issues du document ressource « Mathématiques et quotidien »1.

Le 14 novembre dernier au matin, deux classes d’élèves sont entrées dans cette formation d’enseignants, à l’occasion d’un cours de Mathématiques. La « lesson » des 5ème2 s’appuyait sur un compteur d’eau, tandis que les 3ème4 avaient à étudier un radar tronçon, deux sujets reliant les mathématiques et le quotidien.
Chaque classe a suivi un cours pas tout à fait ordinaire : la « lesson » a été conduite par un enseignant participant au stage, elle a été observée dans la classe par les autres membres du collectif de formation (une dizaine de personnes).

Les deux « lessons » ont ensuite donné lieu à une analyse didactique du déroulement ainsi qu’à une conclusion d’experts faite par les chercheurs.

Quelques liens utiles : (Cliquez sur le numéro ci-dessous)

1 : article sur Michèle Artigue - Médaille Félix Klein 2013.

2 : Mathématiques et quotidien (ressources transversales de l’IREM).

Voici le témoignage de Michèle Artigue :
« Les « lesson studies » sont un dispositif de formation des enseignants très intéressant, basé sur un travail collectif approfondi d’enseignants autour de la préparation, la réalisation par l’un des membres du groupe de la leçon, les autres étant observateurs, puis l’analyse de cette réalisation et la discussion d’alternatives ou de prolongements possibles. Traditionnel au Japon, ce dispositif s’est diffusé ces dernières années dans de nombreux pays mais est encore très peu connu en France. Il permet de combiner dans la formation expérience des enseignants et apports de la recherche, tout en restant au plus près de la réalité du terrain pour bien prendre en compte le travail de l’enseignant dans sa complexité. Cette réalisation à Rouen, pionnière dans le contexte français, a été de grande qualité, et elle a bien montré ce que peut apporter un tel travail collectif soigneusement organisé, aux enseignants, formateurs et chercheurs qui y participent. Il faut bien sûr qu’à l’image de ce qui se passe au Japon, les collectifs ainsi constitués puissent continuer à collaborer, réfléchir ensemble, pour espérer obtenir des effets substantiels et durables. Espérons que ce sera le cas ici car tous en ont envie et que, dans le contexte actuel, avec une réforme du collège qui demande beaucoup aux enseignants de mathématiques, soutenir le travail collectif des enseignants et la formation continue est plus que jamais essentiel. »

D’autre part, ces « lesson studies » n’auraient pas pu voir le jour sans prendre en compte la dimension établissement liée à la participation des élèves de deux classes, en témoigne Maxime Jeandel, Proviseur de l’établissement :
« Cette action de formation-recherche à la fois originale et ambitieuse avait besoin d’une "réalité de terrain". Professeure de mathématiques très investie dans ce projet et exerçant au collège Camille Saint-Saëns, Blandine Masselin a tout naturellement pensé que ce terrain d’expérimentation pédagogique et didactique pouvait être offert par notre établissement.
Ainsi, les deux classes placées au cœur de ces "lesson studies" ont été l’objet d’attention d’un nombre inhabituel d’acteurs et d’observateurs. Les élèves impliqués étaient donc de vrais collégiens engagés dans des activités de groupes, de façon naturelle et spontanée, pour une approche différente et novatrice des mathématiques.
Une telle opération a nécessité une organisation matérielle spécifique et quelques réunions préparatoires pour offrir aux enseignants, formateurs et chercheurs l’environnement de travail adapté à l’opération.
Nous sommes ravis d’avoir pu contribuer à l’expérimentation de ce dispositif peu ordinaire de formation des enseignants. »